C H A P I T R E 1 : Née de père inconnu…
Le petit village d'Auffay était calme, son église avec ses jacquemarts venait de sonner midi. Tout était silencieux, mais dans la rue Guy de Maupassant, dans un petit pavillon, dans une chambre à l'étage, se tenait quelqu'un. C'était une jeune femme guère plus âgée de vingt-deux ans. Elle habitait cette maison avec son petit ami et travaillait comme journaliste. Ses amis la voyaient rarement triste, son rire franc était connu comme le plus joyeux. Son humour réussissait toujours à remonter le moral de n'importe qui.
Mais aujourd'hui, Maria Belona était seule dans sa chambre. Seule, pas tout à fait. Elle serrait dans ses bras un bébé, son enfant nouveau-né. Elle pleurait en silence. Pour la première fois, elle avait des larmes de désespoir. Car, effectivement, c'était d'un désespoir immense et inconsolable qu'elle était emplie. Son compagnon, le père de l'enfant venait de disparaître dans un éclair bleu après lui avoir révélé qu'il était un magicien.
«Je ne suis pas comme toi mais je t'aime », avait-il dit. «Je suis un magicien et il m'ait impossible de rester vivre avec toi et Émilie, notre fille déjà si mignonne. Je me dois d'accomplir une tache que l'on m'a supplié de faire. Je t'aime si fort. Ne m'oublie pas. Émilie sera fière d'être ma fille. Je voudrais tant la voir vieillir, devenir belle. Elle sera une grande magicienne. J'en suis certain et je l'aiderai à le devenir. Je dois partir maintenant. Sache que je ne t'oublierai jamais et que je t'aimerai toujours ! »
Il était parti. Maria pleura, ses amis n'arrivaient à la consoler. Ils ne comprenaient pas son malheur, elle avait promis de garder secrète la véritable identité du jeune homme. Puis les années passèrent, la douleur resta mais s'enfonça et ne fut plus qu'un souvenir douloureux au fond de son cœur.
Émilie grandit, joua, rit. Maria l'aida à faire ses premiers pas en souriant. Mais jamais plus, la jeune mère ne fut joyeuse comme autrefois.
Quand Émilie eut trois ans, Maria rencontra un homme qu'elle détesta rapidement, mais Laetitia naquit. Émilie avait désormais une petite sœur. Elles s'amusèrent donc et apprirent ensemble. Maria ne leur révéla jamais qui étaient leurs pères, et elles prirent le nom de leur mère: Belona.
De temps en temps, Maria remarquait un éclair de magie dans les yeux de sa fille aînée. D'ailleurs, Émilie joua plusieurs fois des tours de magie sans s'en apercevoir.
À l'âge de onze ans, Émilie rentra au collège. Elle fit connaissance avec de nouvelles personnes et d'un nouveau mode de vie. Maria la vit s'épanouir.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander