Mardi 14 novembre 2006
Omniprésente, oui, c'est ainsi que Samuel aurait pu la qualifier, la pensée qui lui martelait le crâne. Monde ~ Vie ~ Etranger ~ Vide ~ Vie ~ Monde Il avait 16 ans et tout allait changer. Il allait sortir de cette petite pièce. l'horloge suivait toujours le cours du temps; il avait arrêté de compter. Il avait 16 ans, 3 minutes et 56 secondes... et il ne savait plus. Soudain, la vieille bâtisse resonna des cris des gardiens : - Debout ! Petit dèj' ! Aujourd'hui, dimanche 12 novemebre ! - Debout ! A la grille apparut le visage familier de Tom. C'était la dernière fois. Le vieil homme ouvrit la porte de la cellule au moyen de son gros trousseau. Il souriait. - Tu n'as pas dormi, toi. Ce n'était pas un equestion. Samuel ne dormait pas. Il rêvait. le vieux gardien dispos le plateau-repas et observa le jeune homme commencer son rituel matinal. D'abord : le bol. Surtout pas de peau. Surtout pas. il fallait tourné six fois la cuillière et taper sur le bord. Le vieux Tom prenait toujours le temps d'écouter cette petite mélodie quotidienne. Ensuite : le jus d'orange. Attention, ne pas oublié. La pulpe était retomber au fond et le jeune homme buvait le jus d'un coup gardant les peluches pour la fin du rituel. Par la suite : le pain. Ici, il y avait toujours de tranche. Une beurrée, et une nature. Samuel les découpait en morceaux égaux et les croquait un par un. Drôle de rituel, mais le petit déjeuner finissait toujours sur la pulpe. c'est rien... juste la vie et puis c'est fini;
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Dimanche 12 novembre 2006

"M.Gérard Julienc,                                                           le 12 novembre 2006

chef directeur,
Julia Nio,
centre de réeducation,
Paris

à Samuel Solian,
Service de détention,
Hôpital des Fayettes
Rouen

Cher M. Solian

Vous allez atteindre l'âge de 16 ans, c'est pourquoi nous tenons à vous informer des conditions civils que vous devez à présent vous engager à respecter. Cette lettre, accompagnée de votre billet de sortie, doit être conservée précieusement.
A dater du 26 novembre, jour de votre anniversaire, vous êtes autorisé à sortir du centre de détention de l'hôpital des Fayettes et à vivre dans un centre de réeduction tel que celui de Julia Nio.
Ce centre sert de lieu de vie ainsi que d'intégration sociale dans la viue réelle. Une maisonnette à cinq colocataires vous est proposée. Tout confort y est pourvu, chambre séparée, douche personnelle et salle de cuisine commune.
Vous apprendrez alors la vie en communauté. Puis, des cours particuliers vous seront proposés dans un large évantail de matières choisies par vous-même à votre entrée.
J'espère que vous accepter de venir nous rejoindre, avec mes salutations respectueuses,
M. Gérard Julienc,
chef directeur,
et éducateur spécialisé.

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Samedi 11 novembre 2006
Une petite pièce froide, aux murs blancs. Juste un lit. Les draps sont en toiles grossières et le matelas guère épais.
Justin vivait ici depuis 15 ans, 364 jours, 23 heures, 59 minutes et 50 secondes... 51, 52, 53... Ses yeux furtifs étaient fixés depuis plus d'une journée sur l'horloge du couloir... 54, 55, 56...Le temps s'écoulait si lentement à présent... 57, 58, 59... il ne faisait plus que ça : compter...60 ! ça y est ! Il avait 16 ans ! Rien n'avait cependant changé... 1, 2, 3... il continuait à compter, rien ne l'en empêchait. Et pourtant oui. Cela faisait 16 ans qu'il était dans ce grand ensemble triste et fermée. Autiste. Qu'est-ce que c'était donc... les médecins l'avait dit alors il l'était. Il ne savait pas parlé, ou plutôt,il ne voulait pas.
La petite pièce était éclarée uniquement par le rayon de la pleine lune qui se glissait entre les barreaux de sa fenêtre. A l'opposé, se tenait la porte, également à barreaux, à travers laquelle il pouvait distinguer l'horolge ud couloir. Tic. Tac. Unique bruit rompant le silence de la nuit, les aiguilles marquaient le temps qui défilait lentement. Les murs du long couloir étaient aussi blancs. personne ne passait jamais.
Et pourtant... ça y est c'était fini. Il avait reçu du courrier. Il l'avait lu 17 fois cette lettre.
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